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  Le Bimensuel d'Informations et d'Analyses - N°181 du 25/01/2010

   

  OPA sur le PDG

La vente aux enchères est presqu’annoncée

1990, le Parti démocratique gabonais est menacé. Il est même ébranlé. Le vent démocratique venu de l’Est européen, amplifié par une agitation interne, en fait un bateau ivre. Le naufrage est même envisagé. Le seul commandant à bord, feu Omar Bongo Ondimba est très inquiet. Il ne sait plus à quel saint se vouer, surtout que le Père Paul Mba Abessole qu’il avait appelé au secours, est lui-même dépassé par les évènements. L’Union pour la majorité présidentielle qu’il avait préconisée ne reçoit aucun écho.
    C’est alors que le clan des Rénovateurs qui venait d’émerger au sein du Parti, sous la

houlette du dauphin fils, lui conseilla de lancer la première offre publique d’achat. Sous le label du rassemblement social démocrate gabonais (RSDG), le PDG fut mis en vente. La Conférence nationale fut la circonstance arrêtée pour procéder aux enchères. Bien avant même ces enchères, un des acquéreurs s’était déjà manifesté, Paul Mba Abessole. Ce dernier, pour justifier son intérêt, décrit le RSDG comme un cadre «laboratoire» d’où allaient émerger les «intelligences».
    Bien malheureusement, la grande foire que fut la Conférence nationale en décida autrement. D’autres potentiels clients, refugiés au sein du Front uni des Associations et partis politiques de l’opposition, déclinèrent l’offre. Et le Parti démocratique gabonais résista et il subsista. Il subsista tellement qu’il se requinqua d’une année à une autre, et d’une échéance électorale à une autre. Fort de sa représentativité sur l’ensemble du territoire national, bénéficiant des moyens de l’Etat, et usant généralement de la fraude, il est allé d’une victoire électorale à une autre...   Lire plus


  L'Hebdomadaire satirique d’investigations - N°210 du 18/6/2010

   

 Politique nationale

Émergence: premiers rendez-vous manqués?

Tout le monde est désormais rassuré, ou presque (les «Gabonais d’en bas» pas tout fait à force de ne rien voir venir), après la grosse vague de mécontentement provoquée par l’achat encore tout frais, à Paris, d’un immeuble devant abriter l’ambassade de notre pays en France. Les caractéristiques architecturales du bâtiment (cour de tennis, piscine chauffante, jacuzzi) et son coût particulièrement exorbitant (une grosse cinquantaine de milliards de nos francs dévalués) ont eu du mal à passer. Mais une chose est au moins certaine : cet immeuble acheté avec l’argent du contribuable est bel et bien un patrimoine du Gabon. Il n’appartient pas au président Ali Bongo Ondimba. Il ne saurait être question d’un «bien mal acquis».

Mais nul doute que l’armada bien connue des Ong qui luttent contre le pillage des ressources de l’Afrique par sa kleptocratique classe politique ne manquera pas de faire dans l’amalgame. C’est également cela qui a fait dire à un certain François Brune que : «Le tiers monde, c’est ce qui reste quand on a tout bouffé.»
    Cette affaire d’acquisition immobilière a d’autant plus surpris qu’à Libreville, à la suite de la descente inopinée du président Ali Bongo Ondimba dans les Akébés, les «Gabonais d’en bas» (avec lesquels le courant est pourtant bien passé durant la campagne électorale pour la présidentielle) n’ont encore rien vu venir. Le gouvernement de Paul Biyoghe Mba a été infichu d’interpréter cette démarche comme une invite sans équivoque à faire quelque chose en faveur des couches défavorisées. Démarche qui aurait permis de voir un début de concrétisation du slogan de campagne, ô combien engageant du président : « l’avenir en confiance» Au lieu de quoi, Paul Biyoghe Mba a organisé, avec quelques membres du gouvernement qui s’ennuient dans leur cabinet, sa propre visite des quartiers sous intégrés pour toucher du doigt l’extrême précarité dans laquelle vivent ses concitoyens.   Lire plus


  Le Bi-mensuel d'Informations et d'Analyses - N°268 du 5/7/2010

   

  Deux ministres entre les mailles du filet

La décision de la Haute Cour très attendue

Julien Nkoghe Bekale et Régis Immongault, tous les deux ministres de la République, doivent répondre de leurs faits et actes devant plusieurs types de juridiction. Des jugements qui en résulteront, dépend de l’Etat de droit en République gabonaise, tellement ces faits et actes qui leur sont reprochés sont on ne peut plus têtus. Les juridictions qui doivent décider de leur sort sont aussi bien les Institutions constitutionnelles (Cour constitutionnelle, Conseil d’Etat), que les juridictions de droit commun.
    Les recours déposés près de la Cour constitutionnelle par exemple, par Casimir Oye Mba et Paulette Missambo montrent, preuves à l’appui, que Julien Nkoghe Bekale et Régis Immongault ont usé de la fraude pour remporter les élections législatives partielles organisées le 06 juin 2010 dernier sur les

premiers sièges du komo-Mondah (Ntoum) et du département de Mulundu (Lastoursville). Ces preuves concernent aussi bien l’utilisation par des électeurs mobilisés par eux, de nombreuses cartes d’identité aux noms d’électeurs inscrits sur les listes électorales ; que l’utilisation, également, par les mêmes électeurs, de cartes d’identité établies sur la base du faux en écriture publique. Il en est de même de la fabrication de faux actes de naissance en milieu rural.
    A toutes ces preuves relevant du faux et usage de faux, s’ajoutent l’achat de conscience généralisé, l’usage de la violence physique et morale, l’atteinte au sacro-saint principe de la libre circulation des personnes à l’intérieur du territoire national. C’est ainsi qu’à Ntoum, comme à Mulundu, avant et pendant le scrutin du 06 juin 2010 dernier, les populations ont été victimes de violence physique et morale de la part de ceux-là qui ont pris le processus démocratique en cours au Gabon en otage. De même sur ces sièges électoraux, d’importantes sommes d’argent ont été distribués aux populations, ainsi que des tronçonneuses, des congélateurs, des bassines à eau – ne riez pas -. Le vote devenant ainsi une simple opération commerciale.   Lire plus


  Quotidien d'Information de l'agence gabonaise de presse - N°350 du 16/7/2010

   

 Enrichissement illicite

Le maire central de Moanda en prison

Il lui est notamment reproché de flagrantes irrégularités dans la gestion des 120 millions de Fcfa alloués par l’Etat pour le pavage des artères du marché de Moanda, dont l’inauguration, il y a plus de deux semaines, a donné lieu à une grande manifestation au cours de laquelle le député du 2e siège de la Lébombi-Léyou a été invité, mais pas le Gouverneur de la province, Bertrand Moundounga, précise-t-on de mêmes sources.
    Les faits: l’année dernière, la municipalité de Moanda reçoit de l’Etat la somme de 120 millions de Fcfa pour refaire les routes dans le marché de Moanda.
    Après un appel d’offres, les travaux sont confiés à un opérateur privé, originaire de l’ex-Yougoslavie, M. Blagozévic. Ceux-ci sont estimés à 80 millions de Fcfa. Mais, fait curieux, le président du conseil municipal fait

encore appel aux services d’un jeune compatriote pour faire le suivi du travail de l’entrepreneur adjudicataire du marché.
    D’autre part, au lieu de pré financer les travaux à hauteur de 60 % comme cela était prévu et d’attendre les 40% de financement de la part de l’Etat, il semble que l’entrepreneur n’aurait rien dépensé. En l’espace de deux semaines et ce, avec la couverture du jeune opérateur local, le maire de Moanda a réussi l’exploit, en l’espace de 2 semaines, de faire sortir du Trésor public de Moanda la totalité des 120 millions de Fcfa.
    Dans ses missions de contrôle, la Chambre provinciale des Comptes de Franceville a mené des enquêtes de routine auprès de Trésor et de la mairie pour savoir comment ladite somme a été gérée. Malheureusement, la perspicacité de ces derniers, bien que handicapés par l’insuffisance de moyens et du personnel, va se solder par l’interpellation mercredi du maire.
    Jean Rémi Lépémangoye a été porté à la tête de la mairie de Moanda en juillet 2008 après la victoire de son Parti, l’ex-UGDD et les indépendants.
    Le maire de Moanda était connu pour ses positions rigides vis-à-vis de la hiérarchie administrative provinciale.


  Bimensuel d’informations générales - N°22 du 30/11/2009

   

 Une opposition à têtes multiples

Mamboundou, Mba Obame et autres

LDeux directions pour une opposition, c’est trop ! Le reproche a été formulé à maintes reprises aux principaux acteurs à ceux qui disent incarner le renouveau et la démocratie au Gabon. Cela a été répété avant et pendant la présidentielle anticipée d’août dernier. Mais rien n’y fait. La période postélectorale, qui a vu l’esquisse d’un regroupement des principaux leaders, et donc des candidats audit scrutin, semble marquée par certaines divergences. Si on a applaudi à la mise en place de regroupements, les observateurs politiques sont déçus par ce qu’il est convenu d’assimiler à un morcellement des forces de l’opposition. A tous points de vue, c’est le même schéma qui se dessine au Togo où l’opposition, à trois mois de la présidentielle, joue à la division… A grandes pompes, la bande à André Mba Obame (AMO) annonce la création de la Coalition des groupes et partis politiques pour l’alternance (CGPPA) liant AMO, candidat indépendant (25,33%, 3e au scrutin, selon le recomptage effectué par la Cour

constitutionnelle), Zacharie Myboto, UGDD (3,04%, 4e), Casimir Oyé Mba, indépendant (0,92%, 5e), Bruno Ben Moubamba, indépendant (0,28%, 7e), Jules-Aristide Bourdès Ogoulinguendé, CDJ (0,20%, 9e), Benoît Mouity Nzamba (PGP), Luc Bengone Nsi (MORENA) Jean Eyeghe Ndong, Pierre-Claver Zeng Ebome (MAD), Moro Nguemah (MORENA unioniste), Mbou Yembi (FAR), Gérard Ella Nguema (RNR), Jean Ntoutoume Ngoua.
    Prenant à témoin le peuple, les opposants ont signé une charte qui leur servira de viatique, à défaut de feuille de route. Chaque fois qu’un acte engage la nation, le peuple est pris à témoin. Jamais on a vu des hommes politiques s’abaisser et accepter de prendre conseil auprès du peuple tant évoqué ! On remarque que les ténors de la coalition sont issus des rangs du PDG. Par exemple, AMO, Eyeghe Ndong, Zeng Ebome (néo-opposants) et Ogoulinguendé, Mouity Nzamba, Bengone Nsi (opposants). Ces gens ne sont pas mus par les mêmes convictions. Si AMO réclame l’«héritage» (ou une partie) du père au même titre qu’Ali Bongo (son frère de maison), Eyeghe Ndong (Roboam) a une démarche similaire. Le dernier PM bongolien ne digère pas sa mise à l’écart du sérail, après de bons et loyaux services auprès du « Patriarche » dont le cercueil lui servi de tribu ne à une oraison métaphysico-politique.   Lire plus


  Bimensuel satirique d'information et d'analyses - N°12 du 02/09/2009

   

 Présidentielle 2009

Le cirque noir de la France

Le mois de mai, un mois fatal pour le Gabon. Personne n’en revenait quand la mort du Président de la République est officialisée. C’est une page de l’histoire qui s’endort. En France, la question préoccupe les plus hautes autorités, en tête desquelles le Président français et les grands lobbies qui gèrent la françafrique. La Droite et la Gauche françaises ne s’accordent pas sur la question de la succession à Libreville, c’est-à-dire de Bongo Ondimba à Ali Bongo Ondimba. Sarko ayant un mot à dire dans son parti affirme qu’il est temps que l’Afrique se développe. Mais les lobbies voient très mal la question, car les intérêts sont en jeu. Le Président français joue un double jeu, suivre la démarche du Président américain qui a sonné le glas d’une Afrique aux vieux réflexes. Pas question, diront les lobbies qui voient leurs intérêts au risque de tomber dans les mains du nationalisme ou du moins au bénéfice des asiatiques et les américains. Le businessman de Sarko cède à la pression de ses amis, notamment le groupe Bolloré qui veut mettre sous sa coupe tous les ports africains. La question divisera la Droite et la Gauche française. Le regard de Paris est donc tourné vers Libreville. Comme un détaillant de tomates du marché, il faut choisir le fruit qui passera vite une fois au marché. Choisir entre le fils du défunt Président, Ali Bongo Ondimba, Mba Abessole pour qui la France reconnaît un accord du renvoi de l’ascenseur signé au sortir de la présidentielle de 1993 suite à un hold-up électoral et Casimir Oyé Mba capable de redresser l’économie.
    Le choix des candidats Le reste de candidats n’était que prose. Face à ces divergences au sein de la classe politique française, Paris décide de consulter l’archevêque de Libreville appelé dare-dare au Quai d’Orsay. Qui peut diriger le Gabon selon vous ? Une question difficile pour un homme de Dieu qui refuse un parti pris. Mais l’homme finit par lâcher quelques noms : Paul Mba Abessole, Casimir Oyé Mba. Entre temps, le choix d’André Mba Obame était beaucoup chuchoté dans certains salons huppés de Paris où il a tissé de solides relations lors de son règne autour de Bongo Ondimba. Cette attention repose, selon certaines sources, sur le rôle de cerveau politique du régime Bongo. Devant cette flopé de candidats, Paris décide de convoquer les plus en vue, pas surtout pour leur brillant projet de société, mais surtout pour une ‘‘enquête de moralité’’ de préservation des intérêts de Paris. Ce balai diplomatique qui commence pendant que le corps du chef de l’Etat était encore à LBV , verra en premier Paul Mba Abessole. La thèse du Rpgiste gabonais passe. Mais la raison, sa rigueur et son autoritarisme risquent de perturber et de réviser les vieilles concessions politico économiques. On signale quand-même au passe que l’homme s’est largement assagi durant les années passées aux côtés de Bongo Ondimba. D’autres des ses visites obscures se succéderont dans le milieu des lobbies français. Admissible comme note, mais rien à traiter avec lui. Le tour de Casimir Oyé Mba arrive pour convaincre la France. Un discours méthodiquement économique est admiré, mais n’intègre pas le monopole de la France sur l’économie gabonaise. La France est moins sûre. André Mba Obame qui sort de l’ordinaire, est signalé entre les petites portes des Champs Elysés, où l’on parle d’un entretien fructueux avec son « collègue de classe ». Le retour au pays est en grande pompe après son appel de Barcelone. Du côté de Libreville, une autre faction des français, notamment les proches de sarko encadrent le fils d’Ondimba ensemble que les Arabes. Leur simple mission est de porter Ali Bongo au pouvoir. De gros moyens étaient là : élaboration du programme de campagne, gadgets, frics, conseillers politiques et militaires sont en à gogo. Tout était prêt pour palier à toutes éventualités.


    L’aspect des intérêts de la France devenait donc primordial dans la présidentielle gabonaise du 30 Août dernier. Cela n’étonne personne. Elle s’est donc toujours opposée à la démocratisation des pays africains. Patrick PESNOT va d’ailleurs accuser Paris en vouant : « ce qui ressort au premier chef, c’est à quel point nous nous sommes mal conduits et la France fût une puissance colonisatrice très peu respectable. Elle a recouru à la violence, à la dépendance économique, à tous les moyens de pression et surtout l’hypocrisie politique ; le travail forcé a perduré jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, sans parler des ses épouvantables exactions commises par les coloniaux avec l’aval des autorités françaises. Par la suite, à des degrés divers, la France a continué à mal se conduire ». Plus loin, Patrick PESNOT affirme : « le problème du développement économique reste fondamental et la France a maintenu avec l’Afrique une économie de troc, sans jamais vraiment aider les africains à faire en sorte que leurs considérables richesses naturelles soient transformées sur place… » A la question : « vous le montrez très bien pour le Gabon ? », Pesnot répondra : « L’Afrique comprend des pays extraordinairement riches. Avec leurs incroyables richesses, le Congo et l’Angola devraient être des paradis ! Mais depuis l’indépendance, la France n’a jamais véritablement permis aux pays africains, ces pays émergeants selon l’usage actuel, d’installer des industries de transformation susceptibles de faire vivre des populations sur place. Leur cacao est embarqué et transformé en Europe. Leur bois, quel scandale ! Issu dessus des forets parmi les plus riches du monde est pillé ! » Le Gabon s’insurge contre la France Le Morena l’affirmait déjà il y a quelques mois et restait convaincu que les différents dossiers judiciaires et les publications des médias ne pourront pas changer les relations entre la France et ses colonies (dites indépendantes de drapeau). Comme l’affirmait le président Omar BONGO ONDIMBA recevant Maître BOURGI, Claude GUANT et Alain JOYANDET, « les relations d’Etat à Etat sont prioritaires mais la relation personnelle constitue la trame de fond, se borne-t-il à affirmer. Quand elle est bonne, ça marche. Quand elle est mauvaise, la Françafrique se grippe parce que les institutions ne valent que ce que valent les personnes qui les incarnent ». (Antoine Glaser dans Sarko en Afrique page 191).
    Patrick PESNOT est plus optimiste pour l’Afrique sous certaines conditions : « je pense que la démocratie finira plus ou moins par gagner du terrain… et si les Africains prennent enfin conscience des richesses de leur continent, l’Afrique est promise à une formidable évolution. Mais il faut qu’elle échappe à cette fatalité de l’échec déjà dénoncée par René DUMONT ». Il faut que les relations entre la France et les pays francophones échappent entièrement aux relations sentimentales qui empêchent l’éclosion de la démocratie et du développement. En effet, les différents responsables politiques africains, choisis par la France, profitent de la protection des classes politiques et des classes d’affaires françaises qui ont tissé des relations reposant sur la corruption ainsi que sur le pillage et, ce faisant, empêchent les différents peuples africains de jouir de leurs richesses ou de sanctionner les autorités placées à la tête de leurs Etats. Au moment où les plaintes sont déposés contre Omar BONGO et les siens, au moment où tous les secteurs d’activité de notre pays sont en grève condamnant la politique gouvernementale et réclamant les meilleures conditions de travail et de vie, peut-on dire que le régime PDG imposé par la France au Gabon soit une réussite ? Le MORENA avait même regretté que le PDG n’ait pas retenu le conseil du Général de Gaule disant : « il faut savoir quitter les choses avant qu’elles ne vous quittent ». C’est d’ailleurs là la quintessence de toute démocratie. C’est face à ces turpitudes que le peuple gabonais exprime son grand étonnement en apprenant la fois dernière l’invitation adressée à la France par le PDG à réviser les accords de...   Lire plus


  Editorial

   

  La chasse aux sorcières est ouverte!

 Le Temps N°254 du 28/09/2008

Les nominations de certains cadres intervenues ces derniers temps, il faut le dire, tout haut, se résument à une simple chasse aux sorcières. On le sait, depuis la mort le 8 juin dernier du président Omar Bongo Ondimba et l’amorce du processus électoral en cours, une recomposition de la classe politique se fait jour. Ainsi, certains barons du parti au pouvoir, au regard de la manière très discutable, dont la désignation du candidat de l’ancien parti unique au scrutin du 30 août dernier s’est effectuée, ont décidé tout simplement d’exprimer leurs opinions politiques autrement qu’au sein du parti démocratique gabonais. Mais le départ de ces hiérarques ne pouvait s’opérer sans un sérieux effondrement du parti, en perte de popularité et de vitesse. La seule chance encore pour ce parti étant qu’il s’agrippe toujours, par tous les moyens, au pouvoir. Mais pour combien de temps encore?
    De la guerre des idéologies, on est presque passé à la guerre physique. Et personne, au sommet de l’Etat ne lève le petit doigt pour apaiser cette lourde atmosphère qui ne rassure pas les lendemains meilleurs. 19 ans après le retour du pluralisme au Gabon, on en est encore là. Où, par peur de perdre certains privilèges, les Gabonais sont prêts à se canarder. Les vieilles amitiés ont été rompues et campe dans sa position.
    Certainement en manque de stratégie de remobilisation des troupes, les responsables de ce parti semblent avoir choisi la chasse aux sorcières. Ainsi, tous ceux qui sont soupçonnés d’avoir une quelconque relation avec les démissionnaires du PDG ou ont librement choisi de partir du PDG, comme cela se passe dans toutes les sociétés démocratiques, sont dans le collimateur. Non seulement, ils sont l’objet des menaces en tout genre, mais sont écartés de leurs postes. Des postes qui ne sont pas forcément politiques.
    Fait notable : les dernières nominations intervenues dans le domaine de l’Education nationale, qui doivent obéir à la compétence qu’aux considérations politiques. A la province de l’Estuaire seulement –et ce n’est qu’un petit exemple-, les responsables d’établissements secondaires soupçonnés d’être proches des dissidents du PDG de la province, n’ont eu aucune chance de conserver leurs postes. Le gouvernement ayant choisi de politiser à outrance les directions des établissements scolaires et universitaires, les «traitres » ont été tout simplement priés d’aller voir ailleurs. A la CNSS, à la BGD où ils étaient tapis, ces indésirables sont désormais chassés à chaque conseil des ministres.
    Déjà, une fois nommé, le nouveau premier ministre, s’est lancé dans une vaste opération de nominations du personnel de commandement : les préfets, sous-préfets, les secrétaires généraux et autres chefs des bureaux notamment, soupçonnés proches des ennemis, ont vidé le plancher.
    Mais en se lançant dans cette aventure, qui est loin de la cohésion et de l’unité nationale prônées par le PDG du vivant de son président fondateur, les auteurs de ce nettoyage radicalisent plutôt leur propre opposition. Car tous ceux qui sont accusés parfois à tort d’être des traitres, iront, pour la plupart, grossir les rangs d’une opposition de plus en plus majoritaire, si l’on s’en tient aux propres chiffres donnés par le gouvernement lui-même, au sortir de la présidentielle du 30 août dernier, où leur candidat aurait obtenu un peu plus de 41%.
    Un parti politique qui veut réellement le développement de son pays, peut-il se lancer dans une chasse aux sorcières au détriment des compétences? La réponse est non. Mais au PDG, il semble que la logique est le pouvoir pour le pouvoir et non le pouvoir pour le développement du pays. C’est certainement ce qui justifie cet échec patent après 42 ans de pouvoir et avec toutes les richesses que regorge le pays. Pauvre Gabon!


   

  Forfaiture...et Etat de droit

 Nku'u le messager N°176 du 28/09/2009

Combien y a t’il eu de morts à Port-Gentil ? ''Trois'' répond le gouvernement gabonais. ''Plus que cela'' rétorquent, preuves à l’appui, d’autres récits et témoignages recueillis sur place. S’il est donc établi que les chiffres avancés par d’autres témoignages et récits dépassent ceux reconnus par les autorités publiques dont le ministre de l’Intérieur, on ne peut alors manquer de parler de forfaiture. Cette dernière se définissant comme ''un crime par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions'' Et lorsque de paisibles citoyens sont brutalisés, humiliés, molestés sans aucun motif apparent comme cela s’est passé à Port-Gentil peut –on encore parler d’Etat de droit en république gabonaise ? Nous pensons notamment à ces quinquagénaires et sexagénaires, hommes et femmes, que l’on a forcés à ramper, à faire des pompes ; à ces pères et mères de familles nombreuses qui ont sauvagement été battus, humiliés, mis à genou, parfois en présence de leurs propres progénitures. Rien ne peut justifier de tels actes de barbarie. Même pas le souci de ramener le calme (sic) après des émeutes. La désinformation n’est elle pas alors du côté de ceux qui, pour des raisons bassement égoïstes et alimentaires, ont tenté de minimiser ces dramatiques évènements en imposant la loi du silence- l’omerta- à Port-Gentil. C’était dit-on, dans le but de préserver la «paix sociale». Vous avez dit «déontologie journalistique». La ''paix sociale'' devenant ainsi le sésame qui permet de conserver le pouvoir par n’importe quels moyens, même au prix des exactions perpétrées sur de paisibles citoyens. La même ''paix sociale'' permettant d’entretenir, pendant de longues années, un océan d’injustices et d’inégalités criardes dont sont victimes plus de 90% de gabonais , cependant qu’une infime minorité mène un train de vie insolent en dilapidant des deniers publics et en bradant les richesses nationales du sol et du sous-sol gabonais. Que dire encore de cette «paix sociale» lorsqu’en ce moment même, une véritable chasse aux sorcières est menée au sein de toutes les administrations publiques et parapubliques? Lorsque dans un pays supposé être un Etat de droit, se côtoient forfaiture, violation des droits de l’homme, atteintes à la dignité de la personne humaine, chasse aux sorcières on s’achemine tout droit vers une véritable dictature.


   

  La fin des privilèges et des roitelets

 Gabon matin N°127 du 21/10/2009

Dans la foulée du véritable «tsunami» politique qu’a représenté le démantèlement, samedi dernier, du noyau dur des tout derniers gouvernements de l’ère Omar Bongo Ondimba, le pouvoir a procédé lundi, au cours du premier conseil des ministres réuni sous la présidence du nouveau chef de l’Etat, à une profonde refonte de la haute Administration gabonaise.
    Les présidences des conseils d’administration des entreprises et sociétés bénéficiant de financements publics, les directions générales d’administrations centrales et les secrétariats généraux des départements ministériels ont tous été, à des degrés divers, secoués par un grand chambardement que d’aucuns attendaient depuis des lustres ; pendant que d’autres, au contraire, nourrissaient les plus grandes appréhensions à ce sujet. Pour des raisons inavouables mais que l’on imagine aisément.
    Cette opération de reprise en main, par le nouveau pouvoir, d’une Administration que l’on savait sclérosée et, donc, inapte, en l’état, à conduire les changements qu’appelle la mise en orbite d’un Gabon désireux de se hisser, au plus vite, au niveau des pays émergents, a très certainement permis de démanteler des réseaux maffieux et d’autres baronnies rétrogrades dirigés par des hauts fonctionnaires, en fait, des « roitelets » qui, installés depuis de longues années à des postés censés impulser le développement du pays sous toutes ses formes, se prévalaient inconsidérément d’une mystérieuse protection supérieure pour narguer ouvertement leur hiérarchie directe et bloquer, à loisir, toute initiative gouvernementale qui n’intégrait pas leurs intérêts personnels.
    Quelques uns de ces «gangs» ont probablement pu survivre à «l’ouragan» de lundi. Cela était peut-être inévitable. Mais, c’est assurément préférable à l’éventualité d’avoir à combattre, tout de suite, de nouveaux réseaux de « criminalité économique » nés, comme par enchantement, des cendres des premiers avec de nouvelles têtes.
    C’est le lieu, ici, de s’interroger sur l’efficacité et la fiabilité même de la procédure qui préside à la nomination des hauts fonctionnaires. Cette interrogation doit conduire à réfléchir aux moyens d’éviter à jamais l’énorme gâchis que représentent, pour la Nation et pour le pays, les parachutages et autres promotions fantaisistes…
    Si l’on ne peut encadrer, de manière plus rigoureuse, cette procédure de désignation des responsables de postes clés dans la haute Administration et la hiérarchie militaire avec, par exemple, un examen préalable de toute proposition gouvernementale y relative par une commission parlementaire spéciale ou un comité ad hoc à créer, on pourrait, tout au moins, instituer, en conseil des ministres, un réel débat portant sur la moralité et l’aptitude des « nominés », chaque fois qu’il s’agit de pourvoir aux hautes fonctions de l’Etat…
    Mais avant d’en arriver là, éventuellement, l’usager de l’Administration et le commun des citoyens peuvent déjà se réjouir de ce que, après le «tsunami» de samedi et «l’ouragan» de lundi, rien ne saurait plus être comme avant: «l’intouchabilité» a bel et bien été mise à mort dès l’ouverture même du septennat qui vient de commencer!


   

  Les sondages qui font rêver!

 Le Nganga N°197 du 06/07/2009

Les sondages ont ceci de particulier, qu’ils ne contribuent jamais à l’élection à 100% des candidats à la candidature. Si en Occident, où les sondages sont une tradition avant chaque échéance politique, on a vu les ravages qu’ils ont provoqués sur des politiciens donnés vainqueurs, mais qui ont brillamment échoué par la suite. La preuve avec l’ancien Premier ministre socialiste Français, Lionel Jospin, qui ne s’est toujours pas remis de sa déroute à la Présidentielle de mai 2002, lorsqu’il a été distancé au premier tour par Jean- Marie Lepen. Plus près de nous, avant la présidentielle de novembre 2005, le président de l’UPG, Pierre Mamboundou, était aussi sur un nuage après des sondages qui le mettaient en tête. Bref ! Mais, il semblerait que cela ne dérange pas certains camarades prêts à prendre le relais d’OBO. Selon des infos, l’un des trois camarades dont les noms sont avancés par leurs supporters, serait sur un petit nuage depuis que les limiers de son administration lui auraient dit qu’il était devant Casimir Oye Mba…, pour obtenir haut la main l’investiture du PDG. Reste à savoir, si au-delà de sa permanence politique du château d’eau de Sotega, les sondeurs ont obtenu autre chose, sur les sondés que leur présidentiable appelle pudiquement «population flottante».
    Par ailleurs, un autre parti de la Majorité, dont le leader fut un virulent opposant d’OBO, aurait succombé à la tentation de tâter le terrain, afin de savoir si leur champion a toujours la cote.


   

  Rogombé rentre dans l’histoire du mauvais côté

 La Nouvelle République N°20 du 24/09/2009

«Mme Rose Rogombé porte sur elle la lourde responsabilité historique de la déchéance sociale; l'avenir du Gabon, elle en porte l'entière responsabilité». Ainsi tempêtait un confrère aujourd'hui reconverti dans le monde de la finance. La furie exprimée par cet ancien confrère est un concentré de la vague d'indignation qui gagne de bon nombre de Gabonais pour qui la “transition Rogombé” est tout sauf une réussite. « C'est une catastrophe », s'est enflammé un autre confrère du quotidien L'Union.
    Pourtant, cette dame à l'allure frêle et à la démarche souple, du haut de son 1,80 mètre souligné par un regard candide, a nourri d'espoir tout un peuple. Entre ses mains, elle avait des atouts juridiques indéniables pour conduire une transition des plus réussies. Dommage ! Le désespoir, si évident, a fait sauter l'optimisme suscité par son arrivée à la tête de la magistrature suprême. L'élection transparente qui aurait pu être la belle boucle de cette transition n'aura été, finalement, que la fin tragique d'une histoire de fous qui a failli plonger un peuple dans une sorte d'hystérie collective. « Elle aurait pu jeter l'éponge si elle estimait la charge trop lourde pour elle », s'exclame, furax, un fonctionnaire visiblement sous le poids d’une émotion rendant son regard hagard.
    Il ne fait aucun doute que dame Rogombé a manqué de poigne pour conduire cette transition dans le strict respect du droit. Etait-t-elle seulement à la hauteur? N'a-t-elle pas été un peu surprise par le fardeau présidentiel? D'ailleurs, à la moindre occasion, elle n’a pas manqué d'exprimer son étonnement d’avoir été appelée à ce poste. Un destin surréaliste, un rêve inaccessible. Un rêve pourtant devenu réalité, mais que son inconscient refuse d'inscrire dans la temporalité. D'où ce refoulement permanent qui remonte à la surface et se transforme en un complexe d'imposture. N’ayant pas fait une psychanalyse des angoisses générées par ce bond au sommet de la pyramide sociale, il est permis de croire que l’impossibilité d’analyser les événements trahissent plus ou moins chez Mme la Présidente un complexe d'imposture.
    Face à la bourrasque postélectorale qui a soufflé sur la capitale économique et a fait de nombreuses victimes, toute tremblotante et gagnée par un repli identitaire frileux, elle a craqué et désigné, en langue omyènè, le bouc émissaire en l’absence d'une enquête pouvant déterminer le degré de responsabilité des personnes impliquées dans le cadre de cette malheureuse affaire. Sont pointés du doigt les non-Myènè (Anongoma). Le discours présidentiel de Port-Gentil, truffé de relents ethnocides, n'en fait point de mystère. Par cette maladresse, elle apparaît désormais comme le président, non pas de la République, mais le chef coutumier d'une communauté dont elle défend courageusement les intérêts. « Dans 50 ans, l'on parlera de dame Rogombé avec une amertume quasi morbide. L'évocation de ce patronyme nous rappellera des noms tristement célèbres comme Hitler, Mussolini et Pétain », déclare un autre citoyen, les nerfs tendus. En somme, elle est bien partie pour garnir les poubelles de l'histoire. Les Portgentillais ont cassé. Ce n'est pas une nouveauté. Un remake en règle relevant de la violence qui a connu un déferlement spectaculaire après la mort, non encore élucidée, de l'opposant Joseph Renjambé Issani durant les années sombres de l'histoire de ce pays. On attendait du chef de l’Etat un discours plus républicain qu'ethnique. Plus conciliant qu'inquisiteur. Elle rate son rendez-vous avec l'histoire dans laquelle elle rentre du mauvais côté. La transition aura été un gouffre, une expérience désastreuse qui la place désormais au rang de ceux qui ont maltraité la République. On avait salué son arrivée comme la locomotive de ce trait d'union marquant la rupture avec l'ordre ancien. Hélas, on déchante à mesure que s'étalaient ses turpitudes à la tête du pays. Apparaissant plus comme un faire-valoir qu'une mère de la Nation ruinant ainsi le devoir d'une charge suprême dont le centre de gravité était ailleurs. Avait-elle seulement la moindre marge de manœuvre sinon le contrôle absolu d'un pouvoir exécutif dont elle n'avait pas le moindre contrôle ou se contentait-elle seulement d'une légitimité et d'une légalité bâties sur du sable mouvant? Mme Rose Rogombé était l'interface du pouvoir politique dont les véritables marionnettistes étaient les Michel Essonghé, Lemboumba Lepandou et toute une ribambelle de carriéristes séniles établies depuis belle lurette dans les caves obscures de la Présidence de la République.


   

  La succession?

 Tribune N°14 du 04/12/2008

PAu soir de sa vie, le roi David appela son fils Salomon, choisi pour s'asseoir à sa place sur le trône d'Israël, et lui donna ses ordres. Il lui fit le détail de tous les griefs qu'il avait retenus, sa vie durant contre certaines personnes, dont Joab, son chef d'armée. David ne lui pardonnait pas d'avoir versé le sang en temps de paix, en tuant Abner, le chef d'armée de Saül, son prédécesseur et d'avoir enlevé la vie à son fils Absalom, sous le prétexte que ce dernier s'était rebellé contre son père et l'avait fait fuir de Jérusalem, la capitale d'Israël à l'époque (Lire la Bible dans 1 Rois 2).Salomon sut ce qu’il avait à faire.
    Les Gabonais se sont réveillés, lundi 1er décembre au matin, avec une nouvelle digne du sensationnel, servi comme un cadeau d'anniversaire, par Omar Bongo Ondimba, chef suprême des Armées. Et le quotidien L'Union titrait : " La grand chambardement ", pour rendre publique les nominations intervenues par décret présidentiel, vendredi 28 décembre 2008, au ministère de la Défense nationale. Tous les chefs de Corps, à travers ce texte, se retrouvent, du coup, en préretraite, de même que la quasi-totalité des officiers généraux qui siégeaient au Conseil national de Sécurité et au ministère de la Défense nationale. Sur le coup, difficile de commenter l'événement. Mais l'on est à peu près certain que les officiers supérieurs relevés de leurs fonctions ont, eux-mêmes, été saisis par la surprise. Pour la plupart, ils sont admis en deuxième section. Qu'est-ce à dire ? Il s'agirait d'une anti-chambre, où ils vont attendre la retraite, qui ne saurait tarder. Les plus chanceux continueront à servir aux missions personnelles que leur assignera le chef de l'Etat, selon son bon vouloir.
    Et qui arrive aux affaires? Ce sont les hommes fidèles au président de la République (?) ou mieux au ministre Ali Bongo Ondimba et qui vont devoir composer avec lui. Certains ne manquent pas d'y lire un balayage des écuries, comme un vent qui annonce la pluie. En effet, confie-t-on, ce vent aurait dû souffler avant le 17 Août 2008, comme le ministre de la Défense l'aurait voulu, mais on a dû lui demander de s'armer de patience. Une patience qui paye par le départ de ceux avec qui il aurait eu maille à partir. On rappelle ainsi une histoire où Ali aurait eu un échange rugueux avec un chef de Corps. Ce dernier, en représailles, aurait commis ses enfants à rendre la monnaie au jeune " impénitent ". Et pour la besogne, c'est un autre chef de corps, relevé, lui aussi, de ses fonctions, qui leur aurait ouvert la porte. On aura séparé la bagarre, mais l'affaire n'a pas été enterrée pour autant. Des histoires de couloirs à prendre avec des pincettes.
    Ce qui est certain, c'est qu'il y a un changement d'ère au niveau des forces de défense et de sécurité, dans la logique des mutations annoncées par le président de la république, dans son allocution du 1er décembre 2007, à l'occasion de la célébration de ses 40 ans de pouvoir. On ne fera donc plus avec les mêmes.
    L'équipe qui arrive autour du ministre Ali Bongo Ondimba, ce sont des hommes de confiance. Une remarque fondamentale: pour la première fois depuis longtemps, le contrôle des Corps de sécurité et de défense échappe aux mains de hauts officiers ressortissants du Haut- Ogooué. On y voit l'application de la philosophie d'Ali Bongo de faire une armée en OR, c'est-à-dire, organisée et “républicaine”. Changement d'époque ? On peut relever également que les hauts officiers promus, le sont du fait de leurs compétences. On voit ainsi un St-Cyrien arriver à l'Etat-Major Général des Forces Armées. Le plus intéressant sera la suite de ces nominations. Il faudra maintenant savoir quelle politique de défense et de sécurité sera impulsée.
    Nous ne voudrions pas aller plus loin, mais il est facile de voir, après les particularismes s'étant dégagés à l'issue du 9e Congrès ordinaire du PDG, que quelque chose se trame. Le doute n'est plus permis : on se trouve en pleine préparation de la succession. Ne serait-ce pas ce péché mignon qui est cause du départ de tous ces officiers généraux? L'avenir nous dira.


   

  L’Afrique, les régimes politiques et les mange chiotte de la fonction publique

 Le Diagnostic N°07 du 16/09/2008

Il y a quelques années, dans les pays communistes, la seule hiérarchie économique résultait de l'attribution par voie d'autorité, de salaires différentiels. Le régime au pouvoir est alors le seul dispensateur de l'aisance matérielle.
    Il en va souvent de même dans certains pays africains en voie de développement convulsant entre misère et opulence. On arrive à l'aisance matérielle par la faveur ou la carrière politique. Conséquence : l'extrême dépendance de tous les employés du secteur public percevant un salaire (de sel) vis-à-vis du pouvoir en place qui peut à chaque instant retirer à quiconque ses moyens d'existence. Les salaires administrés par ces pouvoirs s'accompagnent le plus souvent de mesures rendant impossible l'épargne privée. Les avoirs qui peuvent être des crédits, des rappels ou tout autre avantage sont confisqués ou administrés en saccade dans le but d'asphyxier les maigres économies des fonctionnaires ainsi rendus dépendants face à ce même pouvoir en place. Un seul but revient à ces esprits que je taxe de pourfendeurs du bien-être: abaisser les fonctionnaires jusqu'à une condition animale, donc les réduire en une harde de bêtes errantes, anémiées et atrophiées. Ainsi la sujétion économique, financière des fonctionnaires devient totale.
    In fine, la situation de mange chiote de certains salariés africains a bel et bien été voulue, créée, planifiée puis entretenue par certains scrogneugneux dans le but de rendre les peuples totalement dépendants de leur régime. Telle est dans certains cas leur principale raison de leur stabilité politique.








  

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