Plus de deux semaines durant, le Gabon, notre pays, sera sous les feux de la rampe, le point de convergence des médias, le centre névralgique de l’actualité. Cela nous impose bien des contraintes et du travail. Cela commande de prendre notre rôle très au sérieux et de nous préparer en conséquence.
œuvre pour réussir cet évènement. Pour cela, les dissensions
et autres querelles intestines qui pourrissent l’existence au quotidien de
notre République doivent être mises en sourdine, au profit d’une synergie
des moyens, des énergies et des bonnes volontés. Car en 2012 se jouera non
la réputation d’un seul individu mais celle du pays tout entier. Et tout bon patriote doit s’impliquer corps et âme pour la réussite de la fête du football, afin que nous ne passions pas pour des idiots auprès de la communauté internationale. Afin que nous ne donnions pas raison aux anecdotes les plus fantaisistes qui courent déjà sur notre pays. Et Dieu seul sait qu’il y en a, véhiculées par ceux-là même qui ont été nourris par son sein.
La Chine et les JO de Pékin
comme la CAN sont devenues l’aune à laquelle se
mesurent, à la fois, le sérieux, le savoir-faire et le génie d’un pays et de son peuple. La forte médiatisation dont elles font l’objet n’est pas étrangère à cette approche globale et globalisante.
ont conféré à la Chine une respectabilité planétaire
qui n’est pas prête de s’estomper. Du 8 au 24 août 2008, le monde entier a
été émerveillé par le génie et le savoir-faire chinois qui se sont exprimés
dans toute leur splendeur et leur plénitude, aussi bien au plan sportif
qu’organisationnel: une avalanche de médailles glanées dans tous les sports et de somptueuses cérémonies d’ouverture et de clôture des jeux. Rien n’a été laissé au hasard. Ce qui a fait
dire aux spécialistes que le
pays du milieu avait placé la
barre très haut, en matière
d’organisation des JO. Et
conforté la thèse d’un livre au
titre prémonitoire de M. Alain
Peyrefitte: Quand la Chine
s’éveillera, le monde tremblera.
De toute l’histoire des JO, aucune Nation ne s’était illustrée avec autant de brio dans l’organisation de la fête sportive chère au Français Pierre de Coubertin. La tâche n’est pas aisée pour la Grande-Bretagne qui accueille les Jeux de la XXXème Olympiade, en 2012.
La forte médiatisation de la CAN
Plus de 1.000 journalistes couvrent généralement le plus grand rendez-vous biennal du football continental, ce qui est en fait aujourd’hui l’une des compétitions les plus médiatisées au monde. Le moindre couac, le plus petit raté est révélé à la face du monde entier. Et présenté comme une faute lourde, une incompétence voire une tare rédhibitoire pouvant donner lieu aux supputations et aux analyses les plus fantaisistes sur notre niveau de développement. Bref, la manière dont nous allons organiser la CAN pourrait changer positivement ou négativement le regard de la communauté internationale sur notre pays.
Elle pourrait rassurer quant à notre réelle volonté et nos ambitions de progrès, notre capacité et détermination à aller de l’avant, afin de sortir du sous-développement…Elle pourrait nous ouvrir bien des perspectives heureuses.
La presse internationale
Pour éviter les amalgames, les jugements caustiques et les allusions de toutes sortes, les réflexions désobligeantes, nous avons intérêt à mettre les bouchées doubles dès à présent. Car la presse internationale ne nous ménagera pas. Au contraire, elle se délectera de nos atermoiements et de nos errements. Elle fera ses choux gras de nos défauts et de nos erreurs qu’elle va étaler au grand jour. On s’en
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doute, les journalistes iront jusque dans les
coins les plus reculés, les quartiers sous intégrés où les populations vivent dans une promiscuité nauséabonde, pour dénicher l’information blessante, insupportable…Il ne sera pas possible de museler la presse, encore moins lui empêcher de faire des comparaisons, tirer des parallèles…
Plutôt que de devoir contrôler et limiter les déplacements des hommes des médias lorsqu’ils seront sur le terrain, ce qui risque également de nous valoir d’autres critiques au vitriol, nous avons grand intérêt à faire dans l’anticipation plutôt que dans la précipitation. Pendant qu’il est encore temps, redressons les chemins tortueux, curons les caniveaux et ouvrons les routes pour ne pas avoir à rougir de notre pays, pour faire pâlir de jalousie nos détracteurs.
Situation inquiétante
De la manière dont les choses se passent, nous ne sommes pas encore sur la bonne voie, celle de la réussite. La situation est même plutôt inquiétante. Et elle inquiète d’autant plus qu’aucun chantier identifié n’a encore démarré. Aussi bien à Libreville qu’à Franceville, 2ème site devant accueillir les compétitions de la CAN 2012.
En dépit du lancement, le vendredi 10 octobre 2008, par le président de la République, des travaux de construction des infrastructures dans la province du Haut-Ogooué, rien n’a évolué sur le terrain. Le geste symbolique du chef de l’Etat se devait d’être suivi le plus rapidement possible de réalisations concrètes sur le terrain. Mais il n’en n’est rien. On n’est loin de la mobilisation générale qui devrait normalement prévaloir lorsqu’un pays est confronté à un défi d’importance.
La Guinée Equatoriale
Notre pays doit d’autant plus s’appliquer qu’il est en «compétition» avec son voisin de la Guinée-Equatoriale, nouveau venu dans le cercle très restreint des pays africains pétroliers, un Etat qui se construit, à la limite sur notre dos, une solide réputation internationale. Laquelle semble tirer sa substance et son dynamisme de nos échecs avérés ou pas.
Plus qu’une simple compétition sportive, la CAN 2012 revêt donc pour notre pays un quadruple enjeu politique et diplomatique, économique et financier et enfin sportif. Mais à l’allure où vont les choses, on ne peut que s’interroger si nous avons une claire perception de tous ces enjeux. Rien n’est moins sûr. Le dilettantisme avec lequel un tournant aussi décisif est abordé laisse pantois. Nous risquons de passer à côté du sujet et de ne pas bénéficier des nombreux effets induits liés à l’organisation d’une manifestation d’envergure internationale comme la CAN qui a donné l’opportunité à d’autres pays d’améliorer non seulement le cadre de vie des populations mais également de se doter d’infrastructures et d’équipements modernes (Hôtels, stades, routes..). Un désistement de notre part ou une disqualification par la Confédération africaine de football (CAF) au profit du Nigeria, le pays le plus peuplé du continent, placé en embuscade, représenterait le scénario catastrophe redouté par les amateurs du ballon rond, qui ruinerait définitivement notre réputation. Personne ne comprendrait qu’un pays qui a du pétrole, un pays à revenu intermédiaire, qui a placé un de ses fils, Jean Ping, à la présidence de la Commission de l’Union africaine (UA), le toit de la diplomatie africaine et qui nourrit de légitimes ambitions internationales, ne puisse accueillir, la crème de la jeunesse sportive africaine, un événement que même les moins nantis que lui ont abrité sans coup férir. Il s’agirait là ni plus ni moins que d’un aveu d’impuissance, un constat d’échec. Dire que nous ne sommes pas prêts signifie que nous n’avons rien bâti de solide pendant tout ce temps, alors que notre pays devrait être parmi les premiers Etats sollicités par la CAF ou tout autre organisation, pour remplacer au pied levé un pays organisateur défaillant. Le contraire ne pourrait que surprendre, au regard de nos potentialités qui sont énormes.
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